La perdrix grise

Gibier de plaine par excellence, sa chasse est bien plus exigeante qu’il n’y parait au premier abord.

La perdrix grise "perdrix perdrix" est le gibier de loin le plus intéressant des grandes plaines picardes et de Beauce. Nous avons la chance d’avoir encore de belles populations de perdrix sauvages.

Oiseau traditionnel des campagnes françaises, la perdrix a pratiquement disparu de certaines zones. C’était par exemple le gibier le plus chassé dans la campagne bretonne. Les compagnies étaient levées de pâtures en parcelles de betteraves, s’éclataient dans les champs, puis étaient relevées une à une. Je n’ai jamais vu ça, mais les plus vieux chasseurs de ma commune en parlent avec le regard qui en pétille encore.


L’oiseau

Moeurs

La perdrix grise est grégaire pendant une grande partie de l’année (d’où le terme de "compagnie"). La compagnie va se séparer en janvier, février ou mars pour se mettre en couple. Les couples ne sont pas formés au sein d’une même compagnie. Le couple va prendre un territoire où il va rester isolé. La douzaine d’oeufs formera ensuite une nouvelle compagnie.
Lors de la chasse, on peut entendre les individus d’une compagnie éclatée se "rappeler" afin de se regrouper.

Habitat

La perdrix grise se trouve en France essentiellement dans la partie nord., en plaine couverte de végétation basse et variée. Les talus, buissons et haies vont lui permettre de s’abriter pendant les intempéries d’hiver.
Perdrix à l'envol
La perdrix grise est peut-être le gibier qui a le plus sensible à l’agriculture moderne. Les grandes plaines céréalieres n’offrent plus le couvert et l’abri nécessaire à passer l’hiver. C’est pour cela qu’une gestion intelligente doit être mise en place pour continuer à avoir des populations naturelles. La mise en place d’agrainoirs est indispensable tout au long de l’année, avec une densité importante. C’est la condition indispensable pour garder une densité de couples régulière sur un territoire au printemps.

Le plumage permet facilement de déterminer le sexe et l’age (oiseau de l’année ou non). Ceci permet en étudiant les prélèvements de savoir où en est l’évolution des populations sur le territoire.


La chasse

J’ai découvert la chasse en plaine (en Picardie) sur le tard, et avec certains a-priori. Erreur ! Elle demande des qualités propres et sa chasse est complètement différente suivant la saison et les cultures.

A l’ouverture les compagnies sont importantes, le couvert constitué de chaumes très ras. Les oiseaux ne se laissent pas approcher et le chien soit être particulièrement prudent. Quel plaisir de voir un setter à la large quête effectuer ses lacets où son nez devoir être le plus grand possible pour ratisser le plus large possible les grandes étendues.
En plaine les compagnies levées vont partir loin, souvent dans le territoire voisin ! Souvent il reste alors des retardataires, qui ne sont pas faciles à bloquer par le chien, souvent perdu par l’odeur laissée un peu partout par la compagnie. Le chien doit avoir un arrêt parfait car les arrêts se font loin du chasseur. Et si l’on chasse à plusieurs chiens, le patron doit être impeccable. Puis le coulé final pour bloquer les oiseaux relève du grand art ! Ca ne marche pas à tous les coups !
Arrêt à patron
Le patron doit être parfait.

Avec un peu de relief, le but va être d’éclater la compagnie. Alors le chien devra les relever par petits groupes plus faciles à approcher et à bloquer.

En automne dans les betteraves l’approche devient différente. Les émanations ne "volent" plus au dessus du terrain, surtout si il y a de la rosée et peu de vent. Le chien va devoir réduire sa quête et sa vitesse pour éviter de passer à côté de perdreaux immobiles au pied d’un plan et pour éviter la tape. Souvent les compagnies vont moins loin et la relève est plus facile.

Lors des entrainements de printemps c’est encore différent. Au début les céréales poussent à peine, les couples sont prudents. Mais bien attaché à un territoire, il s’en éloigne peu. Avec une vingtaine de couples aux cent hectares, une petite sortie permet de mettre un chien en présence plusieurs fois. Et plus la végétation pousse plus ils sont faciles à approcher et à bloquer. C’est un exercice excellent pour les jeunes chiens. Le comportement des couples étant très similaire, le chien va pouvoir régler ses remontées d’émanation, ses arrêts, ses coulés et son autorité sur l’oiseau.

Plaine
Les plaines de Picardie.